
Je suis coach en management depuis des années. Voici ce que m’a raconté un chef d’équipe que j’ai accompagné.
Témoignage
« Il y a quelques années, j’étais un manager engagé dans le bien-être de mon équipe. Pour moi, les cinq responsabilités essentielles mentionnées dans la gestion de la santé mentale au travail étaient des priorités absolues.
Chaque jour, je m’efforçais de créer un environnement de travail sain, où l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle était respecté.
J’étais toujours à l’écoute des préoccupations de mes collaborateurs. Je voulais que chacun se sente valorisé et inclus, qu’ils aient la possibilité de se développer, d’apprendre et de grandir.
J’allais même plus loin, en organisant régulièrement des discussions ouvertes sur la santé mentale, afin de briser les tabous et d’encourager une culture de bienveillance.
Mes collaborateurs savaient qu’ils pouvaient compter sur moi. J’étais ce manager sur qui ils pouvaient s’appuyer, qui ne laissait jamais personne derrière.
Je leur rappelais constamment qu’il était essentiel de prendre soin d’eux-mêmes, de prendre des pauses, de déconnecter quand il le fallait. En apparence, tout fonctionnait bien. L’équipe était performante, engagée et solidaire.
Cependant, au fil du temps, quelque chose a commencé à se fissurer, mais cette fois, ce n’était pas l’un des membres de mon équipe, c’était moi.
Sans m’en rendre compte, je m’étais progressivement oublié dans cette équation. J’étais tellement préoccupé par le bien-être des autres que j’avais mis de côté le mien.
J’encourageais mes collaborateurs à respecter leurs limites, tout en ignorant les miennes. Les soirs tardifs, les week-ends sacrifiés, les tensions accumulées… Tout cela s’empilait en silence, sous une surface de dévouement.
Je n’avais jamais pris le temps de m’écouter, de reconnaître mes propres signaux d’alerte. J’étais persuadé que ma résilience, ma capacité à supporter le stress, étaient suffisantes. Jusqu’au jour où tout s’est effondré.
Un matin, en me réveillant, je n’avais plus la force de sortir du lit. Chaque geste me demandait un effort surhumain. Mon esprit, constamment en alerte pour les autres, s’était épuisé à force de négliger mes propres besoins. J’étais en burn-out, vidé, incapable de continuer à tenir le rôle que je m’étais imposé.
Alors que je prônais l’importance de la santé mentale, la mienne s’était écroulée.
Ce fut une leçon douloureuse. J’ai appris que prendre soin des autres est important, mais qu’on ne peut le faire durablement qu’en prenant d’abord soin de soi-même.
Depuis, j’ai réappris à respecter mes propres limites, à faire des pauses, et surtout, à parler de mes propres difficultés. »
La santé mentale est un équilibre fragile, et en tant que manager, il est de notre devoir de protéger celle des autres tout en préservant la nôtre.
